Si vous aviez une idée à me soumettre ...


Déclaration universelle des droits de l'homme


Article 13
Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. Elle a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 15
Tout individu a droit à une nationalité. Nul le peut en être arbitairement privé, ni du droit d'en changer.

Article 30
Aucune dispositon de la Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un gruopement ou un individu un driot quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destuction des droits et libertés énoncés.


Immigration. Qui choisit ?
Si vous aviez une idée à me soumettre ...

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 14:28

BABYLON CIRCUS

________ Formé à Lyon en 1995 ils étaient neuf musiciens. Malgré les multiples départs et arrivées des uns et des autres, le groupe s'est enrichi au jour le jour. D'une part par ce qui fait sa musique : instruments en tous genres de l'accordéon à la basse, du tubas à l'orgue de barbarie, une dizaine d'hommes cultivés, engagés et déterminés dont plusieurs paroliers, une imagination débordante ... Dautr part par son expérience : des milliers de concert au travers de l'Europe entière, le Moyen Orient, plus récemment l'Australie et les Etats Unis (US Tour du 16 au 21 avril 2008). Pour leur premier concert en France de l'année il était présent au Festiv'été, à Moutiers sous Chantmerle. Comme à leur habitude ils ont enflammé le public ... mais avant de monter sur scène David (guitare et chant) et Manu (batterie et chant) ont répondu à quelques questions pour vous ...

C'est en 1995 que vous formez le groupe et décidez de le nommer Babylon Circus, quel lien faîtes-vous entre cette ville antique, le cirque et votre musique ?
David : Alors ... Babylon est une ville d'Irak donc, qui a été rendue très populaire dans la musique, par Bob Marley, par la religion Rastafari ... Babylon c'est le côté agressif, oppresseur de la société, la police, la répression ... Mais ça vient de l'histoire de la Courtadelle, de tous ces hommes qui ont voulu s'élever au rang des Dieux, l'Ancien Testament ... bref tout ça est un peu compliqué ... Ce qu'il faut retenir c'est le mélange de rêve et de réalité. La grande Babylon c'est la ville où on est né, le groupe est né à Lyon, une ville où il y a énormément de gens, beaucoup de polices, de misère, toutes ces choses là qui font le monde dans lequel on vit : la réalité. Circus à côté, c'est les voyages, la famille, tous ce que j'appel le rêve. Et on va de Babylon en Babylon monter notre chapiteau et partager nos rêves ...

Derrière l'image de légèreté du côté cirque et l'ambiance que vous mettez en concert, vous avez comme même des textes sérieux et engagés. Quels influences pensez-vous qu'ils ont sur votre public ?
Manu : Je pense que c'est ce qu'il aime aussi chez nous. Ils viennent pour danser, faire la fête, y'a des choses qui les touchent, d'autres qui sont graves dans ce qu'on dit, parfois avec simplicité, voire même naïveté ... Y'a pas mal de choses qu'on peut faire passer avec la musique.
David : L'important c'est ça. Nous on propose nos pensées, et après on laisse libre choix aux gens de les interpréter comme ils en ont envie. On peut donner l'exemple de notre chanson De la musique et du bruit qui résume à peu près ce qu'on vient de dire. C'est à dire qu'il y a de la naïveté puisqu'on parle d'une histoire de quartier à travers l'½il d'un enfant qui voit le lieu évoluer au fil des années. Après soit on entend juste « de la musique et du bruit » pendant le concert, soit on entend juste une histoire, celle d'un enfant, soit ça peut ... C'est arriver ... la chanson est né au moment de l'arrivée de Sarkozy au ministère de l'intérieur ... C'est comme une peinture, à chacun d'avoir son interprétation, l'important c'est d'avoir une réaction quelqu'elle soit.

Avec ces même textes vous avez parcouru tout d'abordl'Europe entière et donc rencontré des publics non francophones. Vous avez alors été amenés à monter un jeu de scène, peut être comparable à une mise en scène théâtrale, je sais pas ce que vous en pensez ? Dans ce cas est-il réfléchi et répété ou laissez vous libre court à l'improvisation et l'imagination chaque soir ?
Manu : C'est un peu des deux. Disons qu'il y a du travail, parce que tu fais pas passer des choses sur scène comme ça. On travaille justement les corps, la danse, les visages, les grimaces, ... Mais sur scène, notre fil c'est notre chanson, toujours, notre musique, ce qu'on est en train de dire aux gens accompagné de théâtre. On a été voir des gens qui jouaient au théâtre et bossé là dessus. Mais tous les soirs y'a de l'improvisation, une nouvelle façon de le jouer. C'est pas non plus une chorégraphie, y'a pas de marquages.
David : Tous ces gens là qu'on a rencontrés dans le théâtre, le cirque, la danse ... Ils nous ont appris un langage scénique comme une langue étrangère. Et après, chaque soir c'est différent.
Manu : On se lâche !

Par rapport à tous ces différents publics que vous avez rencontrés, en Europe, aux Etats Unis dernièrement, pouvez-vous me parler des différences que vous avez noté ? Les gens ne réagissent pas partout pareil, non ?
David : D'une ville à une autre, d'un pays à un autre, y'à cette donne, dont tu parlais tout à l'heure, est ce que les gens comprennent ou non les paroles ? On a du faire plus de 1000 concerts en 10 ans et on a reçu plus de 1000 réactions. C'est ça qui est intéressant, la différence. Aux Etats Unis, y'a un truc qu'était chouette, c'est que, d'abord on se trouvait un public que l'on ne connaissait pas et qui ne nous connaissait pas et très mélangé au niveau des générations. On a vu à Detroit, des mamies de 70 ans, les cheveux blancs, qui sont restées assises du début à la fin et ont acheté un disque en partant. Et ça c'est chouette ! D'autant que la moyenne d'âge devait être en 20 et 25 ans, et les 500 autres personnes qui étaient là ont vraiment retourné le dance floor. Y'a pas d'à priori, la mamie on aurait pu lui faire faire une crise cardiaque, pas du tout ! Elle participe au spectacle comme les autres, elle tape dans les mains, se lève ...

Justement pour avoir séduit un tel public, pensez vous avoir un truc particulier, un secret ? Mettez vous des mots sur cette réussite ?
Manu : On est des séducteurs ; ou on est séduisants ... peut être ... ?
David : Ché pas ... La french touch ! Non mais un concert c'est une rencontre avec le public. On fait de la musique vivante et oui y'a un rapport de séduction. L'artiste et le public. Chaque soir il faut aller trouver la petite clé de la petite porte du c½ur des gens qui nous accueillent. Que ce soit un festival, une salle, une fête de village, en Syrie, en Australie, en Russie, en Poitou-Charentes ... à chaque fois y'a un petit truc différent à trouver pour faire passer leur faire passer et qu'ils partagent toutes ces émotions.

J'en viens aux membres du groupe, est-ce un hasard qu'il soit exclusivement masculin ?
Manu : Tout à fait !
David : Question suivante ! Non ... y'en a eu !
Manu : On a pas trouvé de filles quoi ! tu veux ?
David : Peut être toi oui ?
Manu : Nous on adorerait moitié garçons, moitié filles. On est pour la parité totale. Après c'est une vie de fou, on est sur la route non-stop et y'a peut-être moins de filles ... Y'en a, on croise mais moins ... On a eu moins de chances que d'autres.
David : Mais le groupe est né, il y avait une chanteuse, une clown. C'est absolument pas du machisme de notre part.

Votre groupe est donc composé d'une dizaine d'artistes, je me demandais comment l'organisation se passait. Il est évident qu'il y a des décisions à prendre. Y'a-t-il des dirigeants parmi vous ? Procédez vous à des votes ?
David : C'est un peu compliqué. Evidemment y'a des décisions faciles qui se prennent, on sait où on va par exemple et parfois plutôt que parler pendant des heures, il faut faire.

Et pour ce qui est des titres sur les albums, j'imagine que c'est un sujet qui partage ... ?
Manu : Déjà y'a les chanteurs qui écrivent. Ils amènent et proposent et y'a une mélodie, deux ou trois personnes qui gravitent là dessus et puis à ce moment tous le monde peut y mettre son grain de sel. Quelqu'un peut débarquer et faire tourner le morceau autrement. Au finish, tout le monde a mis la main à la pâte. Mais on a comme même des rôles à tenir.
David : Là, ça fait exactement 10 mois qu'on travaille sur le prochain album où pareil, dans toutes les chansons qu'on a pu écrire, pas une a été faîte de la même manière ! Parce que chacun a rebondi sur des points différents. Tout ça pour dire aussi qu'on est en train de préparer un nouvel album ! ...
Mais vous ne vous arrêtez jamais !? Parce que vous avez fait, bon « que » deux albums mais avec toutes les tournées ça fait peu de repos au final ?
Manu : Ben on s'arrête pas trop, non, pas de vacances ...
David : Si on s'arrête ... c'est un peu notre moteur. Ca nous fait tenir debout.
Pas trop fatigant ?
Manu : Des fois on en a marre, mais pas longtemps. Dès qu'on remonte sur scène ou qu'on nous donne un micro ... c'est reparti !
David : C'est de la passion. On a la chance de choisir ce qu'on veut faire, on est tort de se plaindre je crois. Le jour où on commencera à le faire, j'espère qu'on arrêtera !

J'ai entendu parler de votre série de concerts en Australie, pouvez vous m'en parler plus précisément ?
Manu : On a fait 10 dates, ça s'est super bien passé. On a fait un festival, un concert sous chapiteau, cinq soirs de suite dans la montagne ... on a même joué notre dernière date aux premières minutes de 2008, 9h avant la France ! On était super contents ! Le public aussi était ravi, ils adorent la France j'ai l'impression, comme à pas mal d'endroits en fait !
David : A la fin on est allé avec nos accordéons, nos instruments acoustiques, jouer dans le public ...

Pour finir, je voudrais finir avec votre avis à propos du téléchargement, notamment l'illégal ... Vous devez savoir qu' une nouvelle loi est passée la semaine dernière, comment vous vous placez la dessus ?
David : C'est un problème de commerçants ça.
Manu : Nous on est arrivé, c'était déjà plié.
David : Ceux qui se plaignent, bien sûr qu'ils y perdent. Mais ceux qui se plaignent d'Internet, c'est aussi ceux qui vendent des ordinateurs avec leurs méga hauts débits pour justement télécharger. C'est ceux qui ont semé la chose.
Manu : Ceux pour qui s'est plus difficile, c'est ceux qui arrivent et qui avaient le système d'avant. Nous on est déjà dans l'après, à penser à Internet, à d'autres moyens de diffusions ... Ca tourne toute façon. Et puis y'aura toujours des gens qui feront de la musique ! Ca va jamais disparaître ...
David : Moi quand j'étais gamin, j'avais pas les moyens j'enregistrai sur des cassettes. Je copiais et on me l'a jamais reproché. J'encourage pas. Moi j'aime bien avoir l'objet physique. On est en pleine mutation, on verra bien comment ça va finir ...

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 11:19

AqME

________ Prenez des inspirations telles que Nirvana, Led Zeppelin ou encore Metallica. Assemblez la batterie, la guitare, la basse et le chant. Mêlez cela, dans le noir, aux mots saupoudrés de mélancolie rage et questions. Ajoutez y une petite annonce dans un magazine de rock. Vous obtiendrez quatre passionnés : Thomas (ou Koma), Etienne, Ben et Charlotte. Ceux qui ont déjà marqué le rock français au bout d'à peine quatres albums étaient aux Festvi'été. Rencontre avec Thomas (chant) et Etienne (batterie).


Personnellement j'aime beaucoup connaître les raisons du choix du nom d'un groupe, c'est souvent très symbolique. J'aimerais que vous m'éclairiez sur le vôtre ?
Thomas : C'est un synonyme d'apogée. Comme à l'époque on avait tous été dans différents groupes on voulait monter enfin celui avec lequel on irait le plus loin.
Etienne : Avec une faute d'orthographe !
Oui voilà, pourquoi alors avoir changé l'écriture ?
Thomas : Y'avait déjà un groupe avec ce nom !
Etienne : On pensait que c'était un moyen de nous éviter d'éventuels problèmes avec ce groupe là, qui est un groupe allemand qui finalement n'est pas très connu ... Ca fait une petite originalité à notre nom !

Votre groupe s'est donc stabilisé sous le nom d'AqME donc en l'an 2000 après l'arrivée de Charlotte. Depuis vos albums se sont succédés et on les a toujours annoncés plus rageurs. Etes vous d'accord avec ça ?
Thomas : Nous oui.
Etienne : Non, pas toujours plus rageur ...
Thomas : Um ! ... On nous a toujours dit « ton premier album, il envoie ! », alors que nous à chaque fois on avait l'impression de faire un album qu'envoyait plus en tous cas !
Etienne : Mouais ... Je trouve qu'on a sans doute plus contrasté notre musique au fur et à mesure des albums. Les moments énervés sont sans doute plus énervés qu'avant mais les moments calmes le sont aussi peut être plus qu'avant. Je trouve que Polaroïds&Pornographie est comme même plus énervé et énergique que Sombres efforts, qui a mon sens est très lourd et lent. Polaroïds&Pornographie est plus mécanique, énergique. En revanche Sombres efforts est très progressif. C'est une autre manière de faire des morceaux, ils sont plus longs, plus revendicatifs ... L'énergie passe de façon moins évidente alors que sur le dernier c'est plus direct. C'est particulièrement vrai pour notre dernier en tous cas.

Justement cet énervement donc vous parlez vous même, d'où vient il ?
Thomas : De la vie de tous les jours.
Etienne : Je sais pas j'ai pas consulté. (rires) Perso moi je sais pas, dès que j'ai découvert la musique « énervée », le hard rock et le métal, ça a immédiatement fait tilt. Ce sont des choses qui se ressentent en soi même, sans qu'on sache trop pourquoi ... Thomas aurai peut être plus de facilités à mettre des mots dessus puisque justement il exprime ça en paroles.
Thomas : Je suis énervé à cause de la vie quotidienne. Je trouve que nous sommes parasites en tant qu'être humain et je comprends pas pourquoi on met autant de fierté et d'ardeur à essayer de s'associer les uns, les autres. Enfin bref, c'est ça qui m'énerve et du coup je le serai toute ma vie ...
Est ce qu'on peut appeler ça de la haine ?
Thomas : Non, de la colère oui, de la haine non. Je deteste pas les gens, je suis pas non plus haineux et méchant, enfin si ça m'arrive parfois mais dans l'ensemble non. C'est juste une colère.

Vous venez en partie d'y répondre, mais la colère de vos textes que vous venez de citer, provient –elle de votre vision constante du monde ou parfois aussi d'une humeur du moment où vous avez composez votre chanson ?
Thomas : Non je pense par contre que je suis comme ça tout le temps.
Pourtant, comme ça, vous en avez pas l'air ?
Thomas : Ouais mais qu'est ce que je vais faire ? Je vais pas aller foutre le feu ici ? Ici les gens y sont pour rien ! Donc voilà, je garde pour moi et tout à l'heure sur scène j'oublierai d'hurler dans le micro, en disant qu'on est tous des parasites.
Etienne : Par contre au fur et à mesure des disques tu es devenu plus réceptif à ce qu'y avait autour de toi, non ? T'avais des trucs à régler avec toi même et maintenant que tu les as couché noir sur blanc, depuis tu es plus perméable à l'extérieur. Enfin je trouve.
Thomas : C'est un exutoire, donc c'est une thérapie.

Votre biographie officielle vous définit «à contre courant des tendances qui poussent les groupes métal à incruster plus de chant et de mélodie ».

Etienne : Ah !?
Vous êtes pas d'accords avec ça ?
Etienne : Ben non parce que nous on a toujours aimé les mélodies. On est même l'un des premiers en France à en avoir mis dans le métal, avant y'en avait pas.
Thomas : C'est vrai qu'à une époque, quand on est sorti, c'était soit tu fais du rap, soit tu hurles un peu ... Et nous on voulait chanter un peu, on fait pas du rap/métal, ça risque d'être dur. Et au final ça s'est plutôt bien passé, on est content.
Et puis l'originalité c'est plutôt un avantage, une fierté peut être même ?
Etienne : Oui bien sûr.
Thomas : Oui c'est une fierté mais c'est aussi parce qu'on est comme ça. Quand on voit un truc plutôt de l'aimer comme tout de le monde, on va plutôt à contre courant mais naturellement.
Etienne : C'est une erreur de penser que le métal est dénué de mélodies. C'est tout l'inverse. Le métal est vraiment basé sur au contraire. Les premiers groupes de crash, y'avait de la mélodie, même dans le chant, certains gueulaient même moins que le standard actuel du métal. Au delà des hurlements ça reste une musique mélodique.

Depuis 2003 vous faîtes de grandes tournées en tête d'affiche. Je voudrais revenir à la première, est ce que vous auriez des anecdotes ou souvenirs mémorables à nous livrer de cette « première fois » ?
Thomas : Y'en a énormément ! Des gens qu'on a rencontrés, aussi bien les Suédois que des potes parisiens, on a fait des fêtes complètement folles, des concerts où je suis tombé dans la batterie, de la scène, des Charlotte tombée dans le public, ... Y'a des milliers d'anecdotes !
Etienne : Un truc dont je suis particulièrement fière, c'est d'avoir fait l'Olympia en tête d'affiche. C'est un accomplissement. On avait déjà fait beaucoup de concerts, des beaux festivals, mais faire l'Olympia avec même de la famille, des étrangers qui sont venus nous voir ... C'est pas la plus rock'n'roll des salles mais c'est comme même la plus belle qu'on a en France.
Thomas : Et puis avoir son nom en lettres rouges à l'entrée, c'est un peu whoua !

J'en viens à votre quatrième et dernier album, Hérésie, le fait de l'avoir enregistré en Suède, là où aviez monté vos deux premiers projets, traduit-il une volonté de retour aux sources ?
Etienne : Oui et non.
Thomas : Oui dans le sens où on voulait se sentir à l'aise. Non parce qu'on voulait pas refaire les mêmes choses. On est reparti avec Daniel (leur producteur) parce que c'est quelqu'un qu'on connaissait, on savait qu'on pouvait bosser avec lui, se dire les choses franchement. Et c'est ce qu'on a fait. Et donc le non, parce qu'on a lui a dit « on veut pas faire les choses de la même manière, on veut changer les choses, on veut que ce soit différent ». On est repartis là bas, il nous a compris.
Etienne : Il a d'ailleurs particulièrement compris que c'était lui qui devait s'adapter à notre personnalité et pas l'inverse. La manière dont on a bossé sur le premier, c'était génial. Sur le deuxième on s'est un peu moins compris d'ailleurs, nous on voulait s'affirmer et lui il avait un peu de mal ... ce qui nous a certainement décidé à travailler avec quelqu'un d'autre pour le troisième. Forts de cette expérience aussi, on a ouvert les yeux et on s'est dit qu'en mélangeant tout ça on ferait un super disque ! A ce propos, Hérésie sonne comme un disque de Daniel Bergstand mais en même temps comme aucun disque qu'il a déjà produit. Ca sonne comme nous quoi ! J'ai l'impression qu'on est plus lié à lui maintenant qu'on l'était avant. Humainement on s'est vraiment tous retrouvés, comme en 2001, comme les gamins qu'on était quand on a fait notre premier disque ...
Thomas : Même plus !
Peut être moins d'appréhension aussi que pour le premier album ?
Etienne : C'est clair qu'Hérésie on l'a fait très détendu. On avait sans doute plus la pression à notre premier. Pourtant personne nous attendait, c'était nous qui étions flippé de faire un album, on voulait tellement qu'il soit bien.
Thomas : Comme c'était nos sous aussi, ou de l'argent qu'on avait emprunté ... On se devait d'assurer. On pouvait pas rentrer en France et dire « ce qu'on a enregistré, c'est pas terrible ».

J'avais préparé une petite question spécialement pour Charlotte, vous pourrez peut être répondre pour elle ? Le fait qu'elle soit la seule fille du groupe, comment ça se passe ?
Thomas : Comme elle le dit elle même, on est ses grands frères. Elle est sur-couvée au final. Tous les gens pensent qu'étant la seule fille, elle en bave, non pire que ça : elle en chie, grave. On arrête pas, on lui saute dessus tout le temps ... Non mais voilà que ce soit une fille change rien du tout, juste le fait qu'elle est le droit parfois d'avoir plus d'intimité ...
Etienne : C'est pas qu'on soit des gentleman mais on est pour l'égalité des sexes.

Pour finir, je fais un mini sondage auprès des artistes au sujet du téléchargement. Suite aux nouvelles loi votées dernièrement, qu'est ce que vous en pensez ?
Thomas : Ce qu'ils veulent faire est très proche du système américain et il paraît que là-bas ça a vraiment eu un impact. Déjà, proportionnellement, y'a vachement moins de monde qui télécharge aux Etats unis qu'en France. Sinon je trouve ça cool de télécharger pour découvrir des choses mais après il faut acheter le disque. Là au jour d'aujourd'hui, nous c'est clair qu'on vend beaucoup moins d'albums, ça nous dérange pas parce qu'on arrive à s'en sortir mais le label commence à tomber. Et le label il aide des artistes, y'a pas que nous, donc si après il peut pas investir dans de nouveaux groupes, soit il coule ou alors il garde, il prend pas de risque et fait toujours la même chose.
Etienne : C'est quand même un milieu en perdition. Quoiqu'on en dise, le business en pâtit mais surtout les groupes. S'ils ont plus de financement ça veut dire moins de moyens de production, moins de production tout court, moins d'artistes ... Quand on sait que depuis l'an 2000 le marché a diminué de moitié en France, ça n'arrive dans aucune industrie de manière aussi rapide ! En plus la plupart des gens du milieu font ça par passion, et notamment chez At(h)ome (leur label) donc si doit passer par quelques sanctions pour que les gens comprennent et que ça fonctionne à nouveau, pourquoi pas ...
Thomas : Après moi je pense que la musique devrait être gratuite parce que c'est culturel. Mais tant qu'on a pas trouvé le moyen de le faire, il faut respecter le travail. C'est comme quand tu vas dans une exposition, tu passes pas par derrière.
Etienne : Acheter un disque c'est quasiment un acte militant aujourd'hui en France ! Je crois que c'est une différence de culture, au Japon par exemple y'a presque pas de téléchargement. C'est une mentalité très locale.
Thomas : Pirates de Français !
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 11:10

MAUSS

________ Le chanteur lyonnais et leader du groupe éponyme était au Festiv'été. Interprète et guitariste talentueux il a su charmer un large public avec ses rythmes pop rock et ses paroles chargées d'émotions. Son énergie communicative s'est dispersée parmi la foule. Il nous a même offert une jolie surprise en interprétant son tube avec Charlie en personne. On ne sait toujours pas s'il a trouvé celle qu'il recherche, mais moi je l'ai trouvé lui !

Premièrement, à propos de vos influences, dans chaque article que l'on peut lire sur vous, c'est toujours les même personnes qui reviennent : Brel, U2 et Noir Désir. Ces artistes ont ils un rôle ou une influence particulière dans votre musique actuelle ?
Un rôle non. En fait, c'est des artistes qui sont tellement importants pour moi et à la fois tellement inaccessibles par leur talent que s'identifier à eux serait très mégalo, prétentieux. Donc non, je dirai que c'est des artistes qui m'ont donner envie de faire de la musique, ce qui est pour moi immensément important. Je peux pas dire que ça m'inspire parce que je les place si haut ! Mais par contre ce sont des artistes importants pour beaucoup de gens, toute une scène qu'on est et qui s'inspire énormément de Noir Désir et Jacques Brel. Je dirais plutôt un déclencheur et quand j'écoute un de leur CD, ça motive ma passion. A la fois c'est très cliché, mais tout le monde les aime.

Vos textes livrent une impression de vécu. Est ce que vous vous inspirez beaucoup de votre expérience et de faits réels ou certains peuvent être qualifiés de rêves ?

Je crois que les histoires qu'on raconte sont toujours un condensé de ce qu'on voit et de ce qu'on vit, pas forcément personnellement mais aussi ce que nous racontent les autres. Moi j'aime à dire qu'en écrivant des textes on écrit des humeurs : un soir on peut avoir un coup de blues, deux jours plus tard être très bien ; et un texte n'est pas forcément quelque chose qui s'étale sur six mois ou trois ans de ta vie, ça peut être un moment donné où t'es pas allé bien un soir, t'avais envie d'écrire. Parfois c'est tout simplement ça l'histoire d'un texte, celle d'une heure ou une soirée où tu broyais un peu du noir. Toute façon l'histoire de la musique, j'ai l'impression, se fait entre l'époque, l'actualité et puis le ressenti personnel, comment on se place par rapport à ça.

En 2006, vous avez eu la chance de faire la première partie de Johnny Hallyday. Comment c'est venu ? Est-ce vous qui lui en avez fait la demande ?
Non, en fait c'était encore plus simple que ça : on a le même producteur de spectacle qui est Jean Claude Camus, quelqu'un de très connu dans le milieu. Il m'a proposé de jouer en première partie de Johnny voilà. Il fallait évidemment que Johnny écoute, il l'a fait, il a trouvé bien et a accepté. Du coup, moi j'avais évidemment répondu tout de suite oui. Donc, je me suis retrouvé à faire 20 dates avec lui : les stades, les vélodromes, les Bercy, à Lyon, Paris ... C'était super, grande expérience durant tout l'été 2006. Supers souvenirs.
Que du positifs alors ?
Après le public de Johnny est un peu dur parce que c'est une telle idole qu'ils viennent pour Johnny. Donc ils ont une tolérance toute relative avec ce qui n'est pas Johnny. Il faut essayer de les séduire, c'est un peu compliqué mais honnêtement ça s'est bien passé. Déjà ils nous ont rajouté d'autres dates, on devait en faire que 10, on en a fait 21. Preuve que le public a vraiment adhéré.

En 2007, vous avez signé votre duo avec Charlie, Je recherche, alors pareil : comment l'avez vous rencontrée ?

C'est une artiste lyonnaise que je suivais depuis 2000 déjà. J'adorais ce qu'elle faisait, dans son projet rock premièrement. Ensuite elle a fait un projet perso j'adorais encore plus ! Elle est de venue Charlie. J'écoutais ce qu'elle faisait et vraiment j'aimais beaucoup. Du coup quand j'ai fait mon deuxième album je lui ai fait écouter une chanson, qui était donc Je recherche. Je lui ai proposé de chanter ce titre avec moi. C'était vraiment elle que je voyais dessus, son grain de voix, son interprétation. Elle a tout de suite flashé. Ensuite on s'attendait pas du tout à ce que la maison de disque parte là dessus. On pensait que c'était un titre personnel, une histoire relative à deux personnes, on croyait pas que ça allait intéresser les gens. On a été très étonnés de voir qu'ils avaient attrapé cette histoire.
Pourtant, je pense qu'au contraire beaucoup s'identifient sur cette chanson. L'histoire d'une silhouette dans la rue, le rappel d'une personne chère, tout le monde a déjà croisé ça ...
Je crois maintenant oui mais en fait on s'en était pas rendu compte. Je l'ai tellement écrite pour elle je crois, que j'ai l'impression de l'avoir personnifiée et donc je la sentais très personnelle. Et au final je me suis rendu compte que comme tu dis, c'est vrai qu'en réalité les gens s'y sont identifiés. C'est la chanson du disque que les gens se sont la plus appropriée. Ils ont le sentiment de l'avoir vécue.

Avec ce tube, j'imagine que votre carrière prend aujourd'hui un nouveau tournant puisque vous vous êtes fait connaître d'un plus large public. Qu'est ce que cette nouvelle renommée vous apporte ?

Déjà ça nous permet de profiter de meilleurs conditions, on joue dans de jolis lieux, on continue à faire de nombreuses rencontres ... alors que c'est si dur aujourd'hui de faire de la musique. C'est un milieu en crise avec Internet, le téléchargement ... Ca nous a aussi ouvert de nouvelles portes, celles des radios, des médias, on a fait Taratata et d'autres émissions qui nous faisaient rêver depuis des années où on voyait que les autres. La première fois qu'on a été invité on y croyait pas. Ca été génial, y'a beaucoup de choses qui ont changé !

Toujours à propos de tube, pouvez vous nous livrer votre prochain titre radio ?
Oui, normalement c'est un titre qu'a été re-mixé puisqu'il était sur le premier album, c'est un titre qui s'appelle A 20 ans. J'espère que ce sera un tube comme Je recherche ...

Pendant qu'on parle de radio ... Comment avez vous réagi quand vous vous y êtes entendu la toute première fois ?
Oh ! On avait crié ! Je m'en souviens c'était sur le premier album, c'était Y'a pas de raison. C'était un soir on était en découverte sur Europe 2. On nous avait dit que c'était possible qu'on passe entre 21h et 22h. Et à 21h59 on avait toujours pas été diffusé ! J'allais éteindre la radio et j'entends le gars qui dit « et on finit cette heure avec Mauss ». On a hurlé, mis à fond dans l'appartement ... C'est con à dire mais s'entendre à la radio c'est un rêve de gamin quand on fait de la musique. On avait la chair de poule.

J'ai lu qu'avant tout ça vous aviez traversé des périodes difficiles, de galères peut être même ? Avec le recul, est-ce que vous pensez que ça vous permet finalement de mieux profiter de votre situation maintenant ?
Bien sûr. Je pense que tout artiste passe par des périodes plus difficiles mais je crois que c'est tellement un milieu aléatoire qu'on peut pas commencer en sachant qu'on ira vraiment au bout. On commence parce que c'est une passion et la galère fait partie du jeu. Donc nous on a galéré comme tous les groupes mais on a eu de la chance puisqu'au bout de 4/5 ans, on a rencontré des personnes qui nous ont fait franchir des caps. Cependant encore aujourd'hui on continue à lutter.

Pour ma dernière question, si vous me le permettez, j'aimerais connaître votre position sur le téléchargement, notamment avec la nouvelle loi ?
Moi je trouve ça bien. C'est important que les artistes puissent vivre et donc que les gens continuent à acheter des disques. Y'a bien des artistes qui gagnent en effet beaucoup de sous mais pour la plupart c'est pas le cas. Le problème c'est que si ceux qui gagnent des millions disent aux gens tu peux télécharger, on oublie ceux qui travaillent derrière tout ça. Si demain tu vas à la boulangerie et repars sans payer, si tu vas acheter des fringues ... moi j'adore ça, on rêverait d'y aller, de se servir et repartir ! Mais on le fait pas parce qu'on estime qu'il est évident que ce produit mérite un salaire. J'aimerais que l'on considère tout le travail que demande la musique, beaucoup d'heures de répétition, de doutes, ... C'est normal de payer ceux sur quoi d'autres ont travaillé des années. Si c'est toi qui a produit, tu seras content que les gens l'achètent en reconnaissant ce que t'as fait, que c'est bien. Alors que quand les gens téléchargent, l'écoutent à la rache, qu'ils le regardent vite fait et le jettent, c'est dur.

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 11:05

MO KALAMITY and The WIZARDS

________ Mo, belle chanteuse de roots reggae, avait troqué sa jolie robe afro de scène pour une tenue plus à l'occidentale ... Encore transportée par les méandres de la musique, ses yeux pétillaient, on sentait le dur sol de la réalité sous nos pieds et pourtant son esprit était ailleurs ... La musique ancrée au plus profond, elle nous livre un peu d'elle ...

Premièrement, je me demandais d'où venait votre nom de scène Mo Kalamity ? L'aviez vous créé avant votre rencontre avec vos musiciens The Wizards ?
Je l'ai trouvé seule, au moment de la création. En fait c'est une alliance entre le début et la fin de mon prénom et une référence à Calamity Jane [nb : aventurière de la Conquête de l'Ouest]. Une femme forte du Far West, entourée d'homme, qui sait s'imposer et en même temps avec une petite fleur dans le bouche ...

Toujours dans l'interprétation, votre premier album s'intitule Warriors of light (Guerriers de lumière), vous considérez donc que vous menez un combat ?
Bien sûr. Par rapport à tous ce qui se passe dans notre pays ou ailleurs dans le monde, on aurait tendance à être fataliste alors on tente de construire notre paix intérieure, une certaine tranquillité par l'intermédiaire de la musique. Je crois en une lumière de vie, et on diffuse notre énergie pour que demain soit meilleur.

C'est donc vous, Mo, qui êtes au centre de groupe. Vous êtes originaire du Cap Vert et on sent que vous êtes attaché à vos racines. Vous y retournez quelques fois peut-être ?
Là ça fait longtemps ... mais c'est dans mes projets oui.

J'imagine que même par vos souvenirs, ça doit être une source d'inspiration pour vous, non ?
Oui c'est vrai, avec le sentiment de l'enfance qui est toujours là ...

D'après vous, y'a-t-il d'autres motivations que vos origines pour expliquer le fait que vous vous soyez tournée vers ce style musical en particulier ?
J'ai pas choisi d'après mes origines, le reggae j'ai toujours baigné dedans. C'est pour moi un recueil, ma culture musicale. J'y trouve une harmonie, il fait partie de ma vie.

Vous avez choisi d'écrire et de chanter en anglais, pourquoi ?
Tout d'abord c'est en lien avec ma culture musicale, tous les artistes que j'écoute, surtout dans le reggae, chante en anglais. Et en fait je considère que j'ai pas tellement d'origines non plus. J'habite en France, j'ai grandi en France mais après tout je viens d'un peu partout, ma première racine n'est pas ici. Après en anglais, aussi parce qu'il permet d'autres ouvertures au niveau de la beauté, de l'harmonie, des notes, ...

Dans vos paroles vous vous montrez attachée et sensible à l'Afrique et sa situation. Vous exaltez des valeurs universelles et avez envie de passer des messages d'amour, de tolérance, de solidarité ... Pensez-vous un jour lier votre musique à l'humanitaire ?
Si j'arrive un jour à vivre pleinement de ma musique, évidemment j'aimerais partager avec les autres, s'investir, monter des projets mais faut faire les choses pas étapes. Mais oui bien sûr, c'est le but même.

Encore à propos de l'Afrique, avez vous déjà eu l'occasion d'y jouer ou le souhaiteriez-vous ?
Non pas encore, on aimerait bien ... On fait un appel aux alliances françaises, qu'ils nous invitent ! (rires) On espère ... quel bonheur !

J'en reviens à votre musique. Elle est parfois comparée à une magie envoûtante par votre voix et ces rythmes voyageurs. Et vous de l'autre côté, comment la vivez-vous ?
Je la vis d'abord avec les musiciens. C'est une période d'échanges, avec les instruments, le mélodie ... La fusion qu'on peut avoir les uns avec les autres est hyper importante. Voilà, j'attends beaucoup des autres aussi, toute façon tout seul on fait rien ! Et puis y'a l'âme aussi de chacun dans la musique et je pense que ça apporte beaucoup.

J'ai une dernière petite question, que je pose à tous les artistes. C'est complètement un autre sujet, je voudrais savoir par rapport au téléchargement, ce que vous en pensez, est ce que vous êtes touché et comment vous vous positionnez ?
Alors là je pense qu'on a tous des avis différents ...
Kael (musicien) : Le téléchargement, à la base, je suis pas essentiellement contre. Je pense que c'est à l'industrie de s'adapter.
Mo : Moi je partage pas cet avis dans le sens où je suis plus attachée à l'objet. Pour moi tous ça, c'est un peu virtuel et je me demande quand y'a plus d'ordinateur, comment on fait pour écouter de la musique ? On perd le rapport à l'objet, au texte, ... Et puis après quand c'est illégal, on aura du mal à vivre mais bon ...
Benoit (musicien) :Là dessus je suis d'accord parce que sachant qu'un CD coûte environ 15 euros, que les gens ont pas toujours beaucoup d'argent ... au final on en achète qu'un par mois et pour un amateur de musique c'est rien ! Je pense qu'il faut partir sur de nouvelles bases, si on s'adapte pas, c'est mort ...
MO KALAMITY and The WIZARDS

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 10:58